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Maison Médicale de Garde de Narbonne

Narbonne: des inquiétudes autour de la maison médicale de garde

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Posté par chantal (chantal) à 06/04/2018
Presse >> L'Indépendant

Le docteur Bernard Méric ne baisse pas la garde. Il a récemment écrit au député LREM de Charente, Thomas Mesnier. « J’apprends par la presse la mission qui vous est confiée par la ministre de la santé sur la ‘‘prise en charge des soins non programmés’’ visant à réduire les flux de patients vers les urgences où, selon la Fédération des Médecins de France, la moitié des passages relève de la médecine de ville. En tant que responsable ordinal (CDOM11), associatif (coordinateur de la maison médicale de garde de Narbonne) et universitaire (ancien professeur associé de médecine générale à la Faculté de médecine de Montpellier), j’adhère à cette affirmation et je confirme qu’il existe des solutions peu onéreuses à privilégier pour désengorger les services d’urgence. En Languedoc-Roussillon, nous avons créé 14 MMG dont la plupart sont à coté du service des urgences », lui précise-t-il, joignant un diaporama qui « démontre l’utilité et l’efficience de ces maisons médicales ».

 

La ministre chargée de la santé, Agnès Buzyn, a confié au député Thomas Mesnier cette mission relative aux soins non programmés dont les conclusions sont attendues pour la fin du premier trimestre 2018.

Cette initiative s’inscrit dans le prolongement du plan de lutte contre les déserts médicaux présenté en octobre 2017 par le Premier ministre Edouard Philippe.

« L’une des priorités est de garantir une réponse médicale aux demandes de soins non programmés des patients. Cette demande s’entend comme le besoin ressenti par un patient d’accéder à une consultation médicale dans un délai court », indique la ministre en préambule de sa lettre de mission.

À partir du mois de juillet, la maison médicale de garde sera-t-elle toujours en fonctionnement ? Du côté des médecins narbonnais, on se posait la question jusqu’à peu, dans l’attente de réponse de l’Agence régionale de santé. La structure qui fonctionne depuis 14 ans est-elle en sursis ? « On n’est pas assuré de nos financements. Il nous manque 60 000 € de la part de l’ARS pour boucler l’année. Jusqu’ici, on a juste assez pour tenir jusqu’en juin. Si on ne voit rien venir, on sera obligé de dissoudre l’association support », s’alarmait le docteur Bernard Méric, coordinateur de la maison médicale narbonnaise, la semaine dernière. La réponse de l’ARS, où on ne comprenait pas cette inquiétude, est enfin arrivée. « Il y a dû avoir une incompréhension. En 2018, la dotation sera bien la même qu’en 2017. On a versé une première tranche de 60 000 €, la seconde, du même montant, viendra. »

Méric : « Dialogue de sourds »

En 2017, le budget était composé de 119 000 € venant de l’ARS, 38 000 € de la mairie, 23 000 € du Conseil départemental et 19 000 € des médecins. Cette polémique autour de la subvention d’aide au fonctionnement 2018 intervient alors que les relations entre l’ARS et les responsables des maisons médicales de garde sont tendues.

Depuis 18 mois, des réunions ont lieu entre l’ARS et les coordinateurs régionaux au sujet de l’élaboration d’un nouveau cahier des charges. Mais elles n’ont abouti à aucun compromis. « Avec la création de la nouvelle région Occitanie, on travaille sur un nouveau cahier des charges. Mais on n’est pas d’accord sur l’enveloppe budgétaire. L’ARS reste sur la somme de 1, 7 million d’€ pour les 23 maisons médicales d’Occitanie. Mais c’est la même somme qui était allouée aux 14 maisons médicales de la région Languedoc-Roussillon. Et on nous a dit qu’il n’y aurait pas un sou de plus. Depuis on assiste à un dialogue de sourds », explique, amèrement, Bernard Méric. Pour trouver les compléments de financement, « l’ARS nous a demandé de nous tourner vers les collectivités territoriales ». Vendredi 23 mars, Bernard Méric a d’ailleurs présenté aux élus du Grand Narbonne la problématique actuelle de la structure de santé. « Nous sommes en train de réfléchir à des solutions même si cela ne fait pas partie de nos compétences et de voir avec le sous-préfet pour trouver des financements complémentaires », précise le président du Grand Narbonne, Jacques Bascou.

Lézignan dans le collimateur

Bernard Méric ne comprend pas l’acharnement de l’ARS à réduire les vivres alors que la pénurie des médecins généralistes touche la Narbonnaise. « Les maisons médicales qui ont un petit volume d’activité comme Lézignan risquent d’être dans le collimateur », poursuit le docteur Méric. « Tout le monde est pourtant gagnant avec une maison médicale. C’est un système qui a prouvé son efficacité et qui est économe en moyens financiers et humains. »

Et de rappeler qu’en 2017, la maison médicale de Narbonne avait enregistré 15 000 passages. « Si jamais on ferme, ils seront obligés de créer une nouvelle ligne de SMUR qui coûte plus cher. Et cela risque d’engorger encore plus les urgences. »

Dans les prochains jours, l’ARS Oc doit publier le nouveau zonage médical régional qui détermine les aides de la CPAM ou de l’ARS aux collectivités et aux médecins qui souhaitent s’installer. Selon les premiers éléments qui sont parvenus aux oreilles des médecins audois : « Aucun territoire audois ne serait inclu dans la liste régionale des zones d’intervention prioritaire (ZIP), seul Lézignan intégrerait la liste des zones d’action complémentaire (ZAC). » Avec déclassification des quartiers prioritaires narbonnais de la politique de la ville (St-Jean St-Pierre, centre-ville et Razimbaud).

Le plan du Gouvernement pour l’égal accès aux soins mobilise de nombreux leviers d’action pour favoriser la présence médicale dans les territoires qui en ont le plus besoin. Les aides conventionnelles allouées par l’Assurance-maladie pour favoriser le maintien et l’installation de médecins dans les zones sous-denses ont été renforcées dans la dernière convention médicale entrée en vigueur en 2017. Elles peuvent atteindre 50 000 € pour l’installation d’un médecin.

Pour la mise en œuvre de ces aides, le plan national présenté en octobre dernier prévoit la publication d’un nouveau zonage des territoires en tension. Applicable aux médecins, il remplace l’ancien dispositif s’appuyant sur des données devenues obsolètes. Une refonte de la méthodologie a donc été engagée au niveau national, pour permettre aux Agences régionales de santé l’identification de ces zones (en fonction notamment de l’activité de chaque praticien, le temps d’accès au praticien, la consommation de soins des habitants par classe d’âge).

Dans l’ancien zonage, la Haute vallée de l’Aude, les Corbières, les Hautes Corbières et une petite partie du Minervois du côté de Bize étaient classés en zone de vigilance. Et dans ce périmètre, huit secteurs étaient classés en zone prioritaire.

Dernière modification: 06/04/2018 à 10:29

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