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Malgré des concessions de Marisol Touraine, la gronde des médecins s'amplifie

Posté par chantal (chantal) à 10/12/2014
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Paris, France – Report de l’examen du projet de loi de Santé en avril, concessions faites aux cliniques sur les dépassements d’honoraires… Rien n’y fait. Malgré d’intenses négociations menées par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, la colère des syndicats de médecins et de cliniques contre le projet de loi de santé ne s’apaise pas. D’autant que le ministère, contacté par Medscape, n’a pas non plus confirmé un report en avril du projet de loi de Santé, comme l’ont annoncé nos confrères des Echos dans leur édition du 9 décembre [1]…

Quoi qu’il en soit, l’appel à la fermeture des cabinets entre le 23 et le 31 décembre et à la grève des gardes reste de mise pour l’ensemble des syndicats médicaux. Si la confédération des syndicats médicaux français (CSMF) semble plus conciliante, en se félicitant dans un communiqué du report en avril, non confirmé du projet de loi de Santé, elle maintient son appel à la grève.

Rencontre Touraine-CSMF demain

Reçue ce 11 décembre par Marisol Touraine, la CSMF va avancer ses revendications : suppression du service territorial de santé au public, du tiers payant obligatoire en médecine de ville, du transfert de tâches médicales vers les paramédicaux et les pharmaciens, réforme du service public hospitalier pour y intégrer les établissements qui favorisent le contrat d’accès aux soins, suppression des conditions au renouvellement des autorisations d’activité et équipements lourds, sauvegardes des négociations conventionnelles, volontariat sur la permanence des soins…

L’Union française de la médecine libre (UFML), qui a également appelé à la fermeture des cabinets entre le 23 et le 31 décembre, ne se félicite pas du report de l’examen du projet de loi, mais demande son retrait pur et simple, tandis que le Syndicat de la médecine libre (SML), qui maintient lui aussi le préavis de grève, demande la réécriture complète de la loi de santé.

Visite à domicile à 56 euros

Du côté des médecins généralistes, la mobilisation prend de l’ampleur, tandis que les revendications se multiplient. Réunis en assemblée générale le 6 décembre dernier, les membres de MG France, le syndicat de MG, en accord avec les autres syndicats de médecins FMF, Unof-CSMF, CSMF, SML, UFML, maintient l’appel à la fermeture des cabinets entre le 23 et le 31 décembre, et confirme son appel à la grève des gardes dès le 23 décembre. Au-delà de la réécriture du projet de loi de santé (suppression du transfert de tâches, de la vaccination chez le pharmacien, de l’obligation de tiers-payant…), MG France avance de nouvelles revendications : consultations à 25 euros pour les généralistes, visite à domicile du médecin traitant au tarif de la visite longue à 56 euros. MG France est reçu ce 10 décembre par Marisol Touraine, pour défendre ses revendications.

Les spécialistes aussi en grève

Les médecins spécialistes, de leur coté, rejoignent la grève du 23 au 31 décembre, tout comme les médecins exerçant en cliniques, via leur syndicat, le syndicat national des médecins de l’hospitalisation privée (Symhop). Lors des états généraux de la médecine spécialisée, qui a réuni ce 7 décembre une trentaine de spécialités, dont la pédiatrie, la radiologie, l’endocrinologie, la neurologie, la rhumatologie, la cardiologie…, un cahier de doléance a été rédigé, qui sera remis avant la fin de cette année à la ministre de la Santé. En attendant, l’UMESPE maintient l’appel à la grève contre le tiers-payant généralisé, le service public hospitalier, le service territorial de santé au public, le transfert de tâches, la réforme de la convention nationale.

Les cliniques maintiennent leur préavis de grève le 5 janvier

La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) qui représente les cliniques privées, a pour sa part été reçue par Marisol Touraine le 5 décembre dernier. Rappelons que la FHP s’oppose au projet de loi de santé, qui réserve l’adhésion au service public hospitalier, aux seuls établissements qui ne pratiquent pas les dépassements d’honoraire, excluant de fait la grande majorité des cliniques.

La FHP se méfie également du service public territorial de santé au public (SPTS), qui prévoit l’octroi d’autorisations d’activité et d’équipement lourds aux établissements qui adhéreront au SPTS.

Ce 5 décembre, Marisol Touraine a donc proposé à Lamine Gharbi, président de la FHP, de faire adhérer au service public hospitalier, les cliniques qui limiteraient les dépassements, via une adhésion de leurs médecins aux contrats d’accès aux soins (CAS). Proposition rejetée par la FHP, qui argue que « Les activités de soins aux urgences se font déjà au tarif opposable de la Sécu, sans compléments d’honoraires (…) Au total, ce sont 63% des prises en charge dans les cliniques qui se font au tarif Sécu dans nos établissements. »

La FHP, à juste titre, fait remarquer que les directeurs de cliniques n’ont aucun pouvoir sur les médecins, lesquels pratiquent les dépassements d’honoraire librement. La FHP maintient donc son appel à la fermeture illimitée des cliniques dès le 5 janvier prochain, avec le syndicat de médecins spécialistes LE BLOC.

Grève des urgentistes à compter du 22 décembre

L’hôpital public devrait lui aussi subir une grève des urgentistes à compter du 22 décembre, à l’appel de l’ association des médecins urgentistes de France (Amuf), présidé par le Dr Patrick Pelloux. En ligne de mire des urgentistes : l’application des directives européennes sur le temps de travail, qui le limite à 48 heures hebdomadaires. Dans de nombreux hôpitaux, cette mesure n’est pas mise en application. L’Amuf revendique par ailleurs le décompte en heure du temps de travail, une rémunération supplémentaire pour le delta compris entre 39 et 48 heures, un paiement des gardes identiques pour tout type de médecins (praticien hospitalier, praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue), professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH), aligné sur le paiement versé au PU-PH.

REFERENCES :

  1.  

    L’examen de la loi de santé reporté en avril.   Les Echos. 9/12/14

  1.  

    CSMF. Report de la loi Santé : la CSMF souhaite que le temps dégagé soit mis à profit pour réécrire la loi. 09/12/14

Dernière modification: 10/12/2014 à 18:10

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