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Maison Médicale de Garde de Narbonne

LES MAISONS MÉDICALES MENACÉES DE FERMETURE

La Marseillaise
Posté par chantal (chantal) à 18/04/2012
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Les subventions de l’Agence régionale de santé, déjà diminuées de 10 à 20% en 2011, n’ont toujours pas été attribuées pour 2012. Les responsables du dispositif tirent la sonnette d’alarme.
Plus les jours avancent, plus la fermeture menace, dans le silence assourdissant de l’ARS (agence régionale de santé) qui, invoquant la « réserve électorale », se refuse à tout commentaire.
« Les 14 maisons médicales de garde (MMG) du Languedoc-Roussillon sont en danger. D’ici fin mai, la situation sera catastrophique pour toutes les structures. Et pour la moitié d’entre elles au moins, si rien n’est fait, dès fin avril ce sera fermeture et licenciements. Parce qu’il y a tout de même 60 emplois à la clé », alerte Thierry Stefanaggi, porte-parole de la Fédération régionale des maisons de garde et maisons de santé du Languedoc-Roussillon, également médecin coordinateur de la MMG de Béziers.


Des frais de fonctionnement qui ne sont plus assurés


Subventionnées par l’ARS, les MMG ont vocation à assurer, en dehors des heures d’ouverture des cabinets médicaux, la permanence des soins. Une « mission de service public » définie comme telle dans la loi Bachelot de 2009. Sur la base du volontariat, des médecins généralistes se relaient pour faire des gardes la nuit et le week-end. L’existence de ces MMG permet de désengorger un peu les urgences, encombrées par trop de passages qui ne relèvent pas du vital.
Seulement depuis l’an dernier, les coupes opérées par l’ARS dans les budgets alloués à ces structures les précipitent vers une fin certaine. « En 2011, malgré les contrats d’objectifs et de moyens signés, les budgets ont été diminués entre 10 et 20% pour chaque maison médicale. Sachant que ces sommes ne servent pas à payer le médecin mais la structure : le loyer, le salaire des agents, tout ce qui concerne le fonctionnement. Quant à l’année en cours, nous sommes mi-avril et les budgets de 2012 ne sont toujours pas connus. Mais on sait déjà qu’ils seront amputés d’au moins autant », déplore Thierry Stefanaggi. « Aujourd’hui, les MMG sont dans des situations où elles demandent des avances aux banquiers. Certaines, comme à Alès, sont à 20 000 euros de déficit ».


100 000 personnes prises en charge en LR en 2011


Pourtant, le système fonctionne. Et le volontariat des médecins généralistes est au rendez-vous. Dans la région, en 2011, 100 000 personnes ont été prises en charge sur l’ensemble des MMG par les 650 professionnels qui font vivre le dispositif. « Et on pourrait encore aller plus loin. Un de nos souhaits serait que nos patients puissent bénéficier d’une dispense totale d’avance des soins, comme c’est le cas à l’hôpital, car c’est un frein pour certains », considère le médecin biterrois.
« Si on était obligé de fermer et de revenir à la garde à l’ancienne, où les médecins vont chez les gens au coup par coup, je peux vous dire qu’il y aurait moins de candidats. Les MMG sont des structures sécurisées. Et le fait d’être regroupés diminue la charge de travail des médecins généralistes qui font déjà plus de 56 h par semaine », continue-t-il. Une situation de blocage qu’il tente de décrypter, sans remettre en cause la bonne volonté de l’ARS : « Nous sommes une des régions où la dotation de l’ARS est le plus largement dévolue au financement des maisons médicales. Dans celle de Béziers, où je travaille, il est question d’ouvrir une antenne à Saint-Pons, de manière à couvrir les Hauts cantons. Et l’ARS nous a soutenus là-dessus », explique le médecin. « On a l’impression qu’il y a des incertitudes en matière d’arbitrage politique au niveau national et que ça met les ARS dans une situation très inconfortable ».
A.G.

Dernière modification: 20/06/2012 à 20:22

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