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Maison Médicale de Garde de Narbonne

Languedoc-Roussillon Les maisons médicales de garde sur la sellette

Midi Libre
Posté par chantal (chantal) à 19/04/2012
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"S’ils ne nous donnent pas des sous, on ferme." Bernard Méric n’y va pas par quatre chemins. Le 1er janvier dernier, le président de la fédération régionale des maisons médicales de garde avait déjà donné de la voix, à l’occasion d’une journée de grève qui avait paralysé le fonctionnement des MMG du Languedoc-Roussillon.

Un problème de financement, déjà. 250 000 € avaient alors été débloqués pour assurer les loyers, couvrir les frais de fonctionnement et payer les 60 permanents (agents d’accueil, secrétaires...). Cette fois, il relaie une inquiétude qui monte, de Béziers à Nîmes : comment travailler avec un budget de fonctionnement amputé par l’Etat "de 15 % à 20 % en 2011" ? "Trois maisons sont déjà à découvert, si les banques les lâchent demain, elles ferment", souligne Bernard Méric, un des pionniers du dispositif, à l’origine de la MMG de Narbonne, ouverte en 2004.

"Économiser de l’argent à la collectivité, 500 000 € par an"

Avec Alès, dès 2002, avant Narbonne, puis Béziers, Sète, Agde, Nîmes, Clermont-l’Hérault, Montpellier, quatorze maisons assurent, depuis dix ans, la continuité des soins sur le territoire, en étant ouvertes les week-ends, les jours fériés, et le soir à la fermeture des cabinets médicaux. Dans la région, 650 généralistes volontaires y assurent des tours de garde.

Autre intérêt : elles délestent les urgences des hôpitaux, auxquels elles sont souvent accolées. Sécurisées (on y accède par des sas d’entrée) et très encadrées, elles font, les généralistes l’assurent, "économiser de l’argent à la collectivité, 500 000 € par an", estime Bernard Méric : "On fait mieux avec moins."

Enfin, la "mission de service public" inscrite dans le cahier des charges du ministère de la Santé est pleinement revendiquée : chaque année, les MMG du Languedoc-Roussillon reçoivent des milliers de patients, 11 000 à Narbonne, autant à Alès, 7 000 à Béziers... pour "des pathologies aiguës" : coliques néphrétiques, angines, épidémies...

Qui les accueillera si le système est grippé ? Pour les médecins, la menace est réelle : "Les budgets 2012 n’ont pas été versés, il faut que chacun prenne ses responsabilités", insiste Bernard Méric qui interpelle l’agence régionale de santé (ARS), émanation de l’Etat, plus grosse pourvoyeuse de fonds aux côtés des collectivités locales, dans une moindre proportion.

"Pour 2012, il est prévu d’allouer aux MMG une dotation identique à celle de 2011", rassure l’ARS, qui fait "un effort financier considérable en matière de permanence des soins ambulatoires", notamment des MMG, "un des piliers de ce dispositif".

Un pilier certes ébranlé. Ici, "le financement moyen d’une MMG est de 117 566 € par an. En 2010, on donnait presque le triple que la moyenne nationale. Certaines maisons étaient sur-financées. En 2011, un effort d’harmonisation a été réalisé." Une amputation de la dotation inférieure à 10 %, assure l’ARS.

Qui sont-ils ?

Les maisons médicales de garde de la région couvrent un bassin de population d’un million de personnes. Ouvertes le soir après 19 h, elles sont majoritairement fréquentées par des jeunes adultes (un patient sur deux) et de jeunes enfants (33 %), beaucoup moins par les personnes âgées (10 %). Le public est à l’image d’« une patientèle classique », souligne Bernard Méric : « On n’a pas plus de CMU. » Le temps d’attente moyen y est de 17 minutes.

Dernière modification: 08/06/2012 à 17:47

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